Denis Castaing Formes céramiques 9 octobre – 16 décembre 2018

Le musée de la faïence et des beaux-arts de Nevers propose une lecture originale d’une trentaine d’œuvres céramiques de Denis Castaing.

En effet, un parcours a été créé au sein même de l’exposition permanente du Musée.
Cette proposition souhaite permettre une lecture nouvelle des œuvres céramiques présentées de l’artiste afin de créer une complémentarité ou un contraste avec la muséographie en place.

Les recherches formelles de Denis Castaing débutent toujours par le dessin. Il se laisse guider par le trait, nourri par un substrat d’images, d’impressions, de sensations. Le lien entre le dessin et le travail de la matière est incessant, il interroge inlassablement la forme.

C’est ainsi que le rapport à l’espace émerge. Les intuitions que le croquis initie prennent forme lors du passage à la réalisation.

Architecture(s)

La référence à l’architecture, ou plutôt aux architectures, s’exprime moins en lien avec des espaces ou des lieux définis qu’en termes de rapport à l’espace, au vide, à la structure, à la lumière et au mouvement.

Architecture(s) omniprésente(s) dans l’œil du céramiste, architecture(s) captée(s) à travers l’observation des fragments d’un bâtiment, du corps d’un danseur en mouvement, des nervures d’une feuille d’arbre, la contemplation des lignes d’un paysage, l’écoute d’un morceau de musique …

Et c’est bien dans la lignée de la céramique architecturale que Denis Castaing place sa démarche : ses créations circulaires, d’une seule pièce ou décomposées en éléments multiples, investissent l’espace architectural tout comme ses modules muraux dispersés. Les uns et les autres semblent faire corps avec lui, en être des excroissances ou encore en révéler la richesse.

 Céramique et design

Sans être designer, Denis Castaing adhère aux créations d’Ettore Sottsass ou au projet « Des designers à Vallauris » au début des années 2000.

Ses recherches récentes le ramènent à des objets et du mobilier en céramique ou associant ce matériau à d’autres : claustra, miroirs, étagères, luminaires ; une occasion d’insérer ses créations dans des projets, de les confronter à l’architecture intérieure de différents lieux.

Ses pièces s’inscrivent dans le champ des arts décoratifs tout en conservant une forte dimension sculpturale. Une façon pour le céramiste d’échapper aux classifications.

La technique comme jeu de construction

Au fil du temps, le façonnage de la terre à la plaque s’est révélé répondre aux multiples projets du céramiste.

Manière de créer des œuvres fortement structurées, d’exprimer son obsession pour la ligne, le pli, le volume, d’imprimer une tension.

Le processus s’apparente à un véritable jeu de construction dont chaque étape doit être anticipée. Denis Castaing lui adjoint aujourd’hui la technique du coulage dans des moules en plâtre. Démarche qui lui offre la possibilité de jouer avec des éléments multiples, d’introduire dans ses créations le rythme de modules sériels.

 L’application d’engobes de porcelaine au pinceau ou au pistolet génère des surfaces à la texture veloutée, poudrée : texture  au service de la forme qui agit à la façon d’un révélateur.

Formes et textures induisent ombres et lumières. Ces contrastes dialoguent avec les formes, qui les révèlent. Cette réelle complémentarité, indispensable à lecture de l’œuvre, permet de s’interroger sur l’espace intérieur des pièces, cet espace où le vide agit.

                     

 

 

© Denis Castaing