Histoire du musée

Le musée naît en 1844, sous l’impulsion du maire Jean Desvaux. Encouragé par certains concitoyens qui réclament depuis 1841 la création d’un musée, son souci est d’éduquer les Neversois et « de faire naître chez eux l’inspiration » (F.Wagnier, 1847).

Le musée de peinture installé dans la bibliothèque municipale s’enrichit peu à peu de dons. En 1847, Jacques Gallois, collectionneur avisé, vend sa collection à la ville et devient conservateur du premier musée jusqu’à sa mort en 1852. Cette acquisition comprend des chefs d’œuvre comme la Vierge à la Pomme ou la plaque d’ivoire à l’adoration des mages.

 

En 1905, le musée de Beaux-Arts possède 188 toiles et 43 sculptures. Le fonds des céramiques compte quelques milliers de pièces. En 1907, lors de la mise en vente du bâtiment de l’évêché, Frédéric Blandin, banquier et ancien manufacturier de faïence, permet à la Ville de l’acheter et d’y transférer le musée. Ainsi, entre 1914 et 1919, le palais épiscopal reçoit la plus grande partie des collections. Louis Mohler, architecte et aquarelliste est chargé de la gestion par le Ministre de l’Instruction Publique.

Jusqu’en 1913, les collections de céramiques et de peintures sont séparées. A la veille de la première guerre mondiale, le musée commence ses aménagements. Louis Mohler doit rejoindre le front et restera mobilisé jusqu’en 1919 date à laquelle il reprend les choses en main. Le musée connaît alors son heure de gloire. Dix huit salles sont ouvertes dans des lieux spacieux et lumineux. L’environnement est très flatteur et les dons affluent.

A la mort de Louis Mohler en 1934, vingt trois salles sont aménagées, puis vingt cinq. à la veille de la seconde guerre mondiale. Pour préserver les collections durant le conflit mondial, près de 2000 objets et œuvres d’art sont emballés dans des caisses placées dans les souterrains du palais épiscopal et environ 400 peintures, dessins et gravures évacuées hors de la ville.

A la Libération, les bâtiments du musée accueillent les élèves du lycée détruit en 1944. Les collections exposées n’occupent plus alors que trois salles, sous la surveillance d’un gardien, le reste étant dispersé. En 1959 le palais épiscopal devient Palais de Justice et en 1966, les collections rejoignent l’Hôtel de Vertpré, rue Saint-Martin.

Dans les années 1970, lorsqu’il s’avère après études, impossible de réaliser un projet d’aménagement du musée dans le Palais Ducal, l’abbaye Notre-Dame implantée dans le quartier historique des faïenciers, devient le centre de toutes les attentions. Le choix de ce site pour l’installation du musée se justifie par la haute valeur archéologique et historique des bâtiments et le rapport évident avec la faïence de Nevers. Situé également, à proximité de la paroisse historique des verriers, le lieu est idéal pour la mise en valeur du patrimoine artistique de la ville.

En 1975, le musée déménage sur le site rue Saint-Genest, mais en 1979, il n’y a toujours que deux salles accessibles au public. La ville envisage alors une vaste campagne de réhabilitation du quartier en rachetant plusieurs parcelles ayant appartenues à l’abbaye, avec l’ambition première de réunir par les remparts, le musée municipal et la Porte du Croux, projet qui ne verra jamais le jour.

En 1995, un nouveau conservateur est recruté, chargé dès son arrivée de concevoir un projet scientifique et culturel pour un nouvel établissement. En 2003, le musée ferme au public pour préparer les lieux à de grandes transformations. Progressivement, un autre musée se dessine, composé de vestiges médiévaux mis en valeur, de bâtiments modernes réhabilités et de constructions contemporaines qui donnent à l’établissement, les moyens architecturaux dont il a besoin pour exister. La surface de fonctionnement est multipliée par quatre.

Aujourd’hui environ 19 000 pièces sont conservées tels que peintures, sculptures, céramiques, verres émaillés, estampes, dessins, meubles, objets, monnaies… Une place prépondérante est réservée aux faïences et aux verres émaillés. Mais le fonds Beaux-Arts que possède le musée n’est pas ignoré et certains espaces lui sont dévolus. Tout est fait pour satisfaire le plus grand nombre possible de visiteurs.