La donation Bossuat : entre peinture moderne et Art nouveau

Une grande partie de cette collection est pour la première fois présentée au public.

Natif de la Nièvre, Victor Bossuat (1873-1948) et son épouse Marguerite (décédée en 1945) ont largement contribué à enrichir le musée de Nevers dans le domaine de la peinture de la première moitié du XXe siècle, et des verreries et céramiques Art nouveau.

 

Pharmacien à Paris, il fréquente très tôt le cercle intellectuel de la Revue Blanche, autour du critique et littérateur Félix Fénéon. Bibliophile, il apprécie les estampes de Jean-Émile Laboureur. Mais c’est dans le domaine de la peinture et du dessin qu’il fera les achats les plus spectaculaires, souvent conseillé par son épouse : une toile et deux lavis de Vlaminck, des dessins de Seurat, Derain, Modigliani, des peintures de Kisling, Utrillo, Valadon, Goerg, un bel ensemble d’œuvres de Gromaire. Une vraie cohérence se dégage de ces choix : restés prudemment à l’écart du cubisme ou de l’abstraction, les Bossuat privilégient une “figuration moderne”, autour de la première École de Paris, d’un expressionnisme “à la française”, ou encore d’indépendants à la personnalité marquée comme Pierre Hodé ou Louis Péronne. Verreries et céramiques, presque naturellement, ont intégré au fil des ans les vitrines et crédences de la belle villa du couple, sur les hauteurs de Montmorency. Du Japonisme (un exemplaire du service Rousseau, Félix Bracquemond pour Creil & Montereau, 1867) à l’Art nouveau de l’École de Nancy (Gallé, Daum), en passant par un service à thé d’André Methey décoré par Vlaminck.