Les salons d’art décoratifs

Dans les espaces qu’offre l’ancien hôtel particulier Roussighnol, l’aménagement cherche à donner l’idée d’un salon du XVIIIe siècle. Autour d’un bureau plat estampillé de Pierre-Antoine Veaux (1738-1784), sont disposés fauteuils, commodes ou petite table, tous meubles du même siècle, qui ne se sont pas obligatoirement côtoyés dans la réalité. Un buste en terre cuite, La Belle Inconnue, attribuée à l’atelier d’Etienne Maurice Falconnet agrémente une commode comme cela pouvait se voir à l’époque. Au mur, une large place est faite à la peinture à sujet mythologique qui domine alors : Alceste rendue à son époux par Hercule, tableau de Charles-Antoine Coypel en est une parfaite illustration. Dans une vitrine, on retrouve des émaux, des ivoires mais également des pièces en verre notamment de Venise, des instruments de calcul et des médaillons du sculpteur italien Jean-Baptiste Nini (1717-1786).

Pour le XVIIe siècle, la peinture étrangère est dignement représentée qu’il s’agisse de dépôt de l’Etat ou de dons généreux. Tous les genres figurent dans les collections, de la nature morte, au portrait en passant par la marine. Ces tableaux de petit format ont été réalisés pour des commandes privées et étaient destinés à orner salons, ou chambres à coucher. C’est pourquoi, ces quelques tableaux sont suspendus aux murs d’un espace à dimension domestique, meublé de pièces d’époque : armoire, bureau, sièges divers, console.

Dans une vitrine, une sélection d’objets décoratifs ou d’usage viennent compléter l’ensemble. Plusieurs émaux de Limoges, témoins de la grande période de cette technique sont présentés, comme cette tête de Saint Pierre attribuée à Jean Reymond (XVE-XVIIe siècle) ; des ivoires mais également des objets plus courants comme cette pile de poids de Nuremberg.

Tout cela veut rappeler au visiteur la contemporanéité de certaines productions, afin de donner une idée, une atmosphère du siècle concerné. Il s’agit plus de laisser l’empreinte de l’ambiance qui pouvait régner dans un intérieur bourgeois de province, que de reconstituer à l’identique un appartement de prestige.