Les verres émaillés de Nevers

La collection de verre émaillé déposée par le musée du Louvre au musée de Nevers est présentée dans son intégralité et accompagne la collection réunie préalablement par les donateurs du musée. Constituée de 290 pièces aux formes et dimensions variées, elle permet la redécouverte de cet art très particulier qui est apparu à Nevers à la fin du XVIe siècle et dont le savoir-faire a aujourd’hui perdu.  Il s’agit d’une des plus importantes collections de verre émaillé en Europe.
Figurines et boites ornées racontent l’histoire locale liée à la production de verre émaillé, mais aussi les croyances et dévotions populaires, les préoccupations des hommes de cour des XVIIe et XVIIIe siècles. Le mystère demeure sur la date réelle de la première apparition de ces figurines, dites figures d’émail. La particularité des figures d’émail fabrique selon la technique de Nevers, est un noyau en verre plus intense ou bien un squelette constitué d’un fil de fer tire-bouchonné d’un fil de cuivre de la finesse d’un cheveu. Sur ce bâti sont agencés en volumes successifs des bâtons de pâte de verre opaque colore, appelés canons ou mailles qui sont fabriqués à la Verrerie Royale de Nevers. Tapissée de cette multitude de boites ornées, la salle qui leur est consacrée sera un lieu féérique de lumières et de couleurs chatoyantes pour petits et grands.

Cette collection réunissant un nombre considérable de figurines profanes et religieuses offre un foisonnement de sujets et de forme, reflet de la créativité et de l’adresse des maitres émailleurs durant deux siècles et demi. En 1848, le dernier maitre émailleur de Nevers offre sa lampe au musée de Nevers et entre comme agent aux écritures pour la Commune.
Malgré les essais pratiques pour retrouver cet artisanat, personne encore aujourd’hui n’est capable de réaliser des poupées de verre si précieuses dans leur matière et leur forme.